• Vous commencez à comprendre le principe : toutes les deux semaines, Mademoiselle M (son blog ici) et moi-même écrivons le passage d'une histoire à suivre, que nous avons inventée. A l'issue de chaque épisode, c'est à vous de voter pour savoir comment continuera la suite ! 

    Cette semaine, c'est Mademoiselle M qui a écrit le troisième épisode.

    Vous pouvez évidemment retrouver le 1er ici, et le deuxième ici.

    Sans plus attendre, c'est parti ! N'oubliez pas de voter à la fin, et pourquoi ne pas laisser un petit commentaire pour partager votre avis ?

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    Le mur fut mon seul soutient. J’aurais du ouvrir cette fichue porte. Je l’aurais fait sans nul doute si quelque chose n’avait pas attiré mon attention. Un bruit. Un bruit sourd qui provenait de mon armoire à pied. Dans le noir, j’avançais pied nu sur le parquet qui grinçait à chacuns de mes pas. Mon coeur battait à une vitesse folle.

     

    A peine une journée passer dans ce manoir et j’en avais déjà ma claque. Tout d’abord cette sensation d’être observé que j’avais ressenti dans le jardin, puis cet étrange Maria qui me ressemblait comme deux gouttes d’eau, et enfin ça… Qu’est-ce qui ne tournait pas rond ici ?

    Je portais ma main à la poignée. Deux petites gouttes de sueurs coulèrent le long de mon front. Le bruit s’intensifiait. Comme si quelque chose -ou quelqu’un- tapait contre le bois de l’armoire.

    Mais alors que j’étais prête à découvrir de ce quoi il s’agissait, la porte battante s’ouvrit en un battement et  je me sentis propulser au sol par un coup d’épaule violent alors que l’ombre d’un être humain glissa dans toute ma chambre jusqu’à ma fenêtre et se laissa glissa à l’extérieur. Terrorisée que j’étais, je restais quelques secondes au sol sans savoir comment réagir.

    Puis sans me défaire de cette témérité que je ne me connaissais pas, je me levais -encore tremblante- et posais une main sur le bord de ma fenêtre. Je n’avais même pas remarqué qu’elle étais ouverte lorsque je m’étais endormie. Puis le sang recommença à couler dans mes veines, mes esprits se remirent en place et je fonçai dans le couloir. Il n’y avait plus personne sur le palier, ni Sam, ni la mystérieuse personne en grande conversation avec lui. Et puis, à la vue de cet immense couloir que je me mis à hurler. Ce hurlement que j’avais retenue quelques minutes plutôt.

    Le réveil fut douloureux. Je descendis les marches de l’escalier tel un zombie. Je n’avais pas fermé l’oeil de la nuit, mes yeux passaient leur temps à vagabonder entre l’armoire et la fenêtre. Lorsque que j’avais hurler un petit peu plutôt dans la nuit, toute la maison s’était réveillée paniqué pour me découvrir en pleur pelotonné contre moi-même en pyjama dans le couloir. Mes parents avaient essayer de m’arracher quelques informations mais je n’ai rien dit avant l'arrivée de l’oncle Sam. A lui, je lui avais tout balancé à la figure comme s’il était le seul responsable. Mais mon père avait commencé à croire à des voleurs et avait pensé qu’il serait plus juste d’avertir les autorités. Je n’y étais pas contre, seulement oncle Sam n’était pas du même avis. Il avait interdit à mon père de toucher au téléphone et il avait lancé une phrase avant de retourner se coucher qui m’avait mise hors de moi.

    - Il n’y a pas de voleurs ici. Ces gamins ont vraiment beaucoup trop d’imagination. Retournez tous vous coucher !

    Après ça, mon mère avait cru important de me rassurer et m’avait prouvé comme si je n’avais que quatre ans -et une couche-culotte à la place de mon pyjama - qu’il n’y avait pas, je cite “de monstre dans l’armoire”. Puis elle m’avait bordé et m’avait déposé un doux baiser sur le front avant de fermer ma fenêtre restée ouverte. C’est ainsi, en me remémorant tous les passages de cette affreuse nuit que j’avais débarqué dans le salon.

    -Bonjour, ma chérie, sifflotait mon père un café dans la main, le journal dans l’autre, bien dormi ?

    Je ne pris même pas la peine de répondre et m’installai à table où une multitude de petits pains au lait étaient posés en désordre sur une assiette. J’en pris un et le croquais à pleine dents. Je remarquai mon petit frère allongé sur le sol, sa fidèle console dans les mains. C’était à peine s’il s’était rendu compte de ma présence.

    - Où sont les autres ?, je questionnai mon père qui lèva son nez du journal au son de ma voix.

    - Ta mère prend sa douche, Cassie est au téléphone et Sam...je ne sais pas où il est passé, dit-il en regardant autour de lui, Aujourd’hui ta mère s’est mise en tête de vous faire visiter le village. Tu devrais aller te préparer.

    - Il nous faudra à peine un quart d’heures pour faire le tour de ce bled, dis-je en soupirant, je préférerais rester ici…

    - Écoute, chérie, cela fait très longtemps que je n’avais pas vue ta mère aussi joyeuse. Alors, s’il te plaît, ne gâche pas ses vacances et fait lui plaisir, d’accord ?

    Je haussai les épaules et débarrassai mon bol de lait.

    - Il vient, lui ?, je demandai en regardant le petit geek en pleine action.

    - Non. Lui, moi et Sam nous allons à la pêche. Tu sais que dans ces marais on peut trouver...

    Je me faufilai dans les escaliers avant d’avoir le droit à un cours de pêche avec mon père.

    - Hé ! Fais attention où tu vas, Alice !, grogna ma soeur alors que j’étais arrivée en haut de la cage d’escalier, c’est parce que tu as peur de voir un autre fantôme que tu baisse la tête de cette façon ?, se moqua-t-elle en agitant sous mon nez ses longs cheveux dont le shampooing à la verveine citronnelle s’infiltrait dans mes narines d’une façon très désagréable.

    Je la dépassai sans même relever sa pique. A quoi bon entrer dans son jeu ? A priori la facette de la soeur complice qu’elle m’avait fait miroiter la veille s’était évanoui dans la nuit.

    Arrivée dans la chambre 6, je fermai la porte dans mon dos et, déterminée, j’ouvris la porte de l’armoire. Rien, mis à part ma pile de vêtement et une paire de botte. Je tentais de me remémorer la scène dans ma tête. Je revoyais cette ombre qui s’était glissée sans un bruit sur le parquet mais qui avec une force étonnante m’avait propulsé sur le sol. Et puis je me revoyais quelques heures avant, entrain de déballer ma valise. Je m’étais mise en pyjama et m’étais glissé dans mes dras avant d’entendre les voix dans le couloir. Il devait être vingt-trois heure.

    - Il n’y avait donc rien lorsque je me suis couchée, je chuchotai pour moi-même en glissant mon regard de haut en bas du meuble en bois, mais c’est complètement impossible !  

    Cela voudrait dire que quelqu’un était apparu dans mon armoire, comme ça, en un claquement de doigt ? Et surtout, que faisait-il là ? Je n’eus pas le temps de pousser mes réflexions plus loin car la voix de ma mère se fit entendre en bas de l’escalier. Je sautai dans un jean, enfilai une chemise à la va-vite, tout en ne réussissant pas à détacher mon regard de celui de Maria sur le tableau au dessus de mon lit.

    Je fonçai dans la salle de bain, me brossai les dents, passai un coup de peigne dans mes cheveux, traçais deux traits de liner noirs au-dessus de mes cils et descendis les escaliers tout en tentant d’enfiler mes baskets. Un véritable parcours du combattant relevé en mois de cinq minutes montre en main.

    Maman, Cassie, et Sam discutaient dans le hall devant la porte d’entrée. Maman parlait fort, faisait de grands gestes et avait enfilé sur sa tête le chapeau d’Indiana Jones comme si nous allions partir à la recherche de l’arche perdue. En effet, elle était de bonne humeur.

    En remarquant ma présence, Sam eut un petit rictus qui échappa à tout le monde sauf à moi. Mais il se reprit bien vite et me sourit. Je grognais intérieurement.

    - Voyez qui voilà ! Alice, comment vas-tu ce matin ?

    A priori ma réponse ne l'intéressait pas tellement puisqu’il passa tout de suite à autre chose. Il passait de temps à autre une tête par-dessus son épaule et je me demandais vraiment ce qu’il était entrain de faire.

    Et c’est alors que je le remarquai. Lui, caché par l’ombre de la grande horloge à pied, il s’avança d’un pas. Grand, brun, les mains dans les poches, le regard espiègle et habillé d’un polo blanc sans manche, il tendit une main vers moi. Stupide que j’étais je mis quelques secondes - embarrassantes -  avant de tendre la mienne et la serrer.

    - Je te présente Alexandre. C’est un jeune de Folaincourt, dit mon vieil oncle en donnant une petite tape amical dans le dos de celui-ci, il vient souvent ici faire le jardin et le bricolage contre quelques billets.

    Le dénommé Alexandre passa une main dans ses cheveux comme s’il était gêné que l’on puisse parler de lui à la troisième personne. Je le comprenais, moi ça ne m’aurait pas plu.

    - Alexandre, je te présente Alice ma petite nièce, la deuxième fille d’Isabelle….

    - Enchanté, dit ce dernier en me regardant dans les yeux, tu peux m’appeler Alex.

    - Euh...ouais, moi aussi, je répondis comme une gourde, enfin je veux dire, je suis enchantée de te rencontrer...mais...euh...tu ne dois pas m’appeler Alex, évidemment !, me rattrapais lamentablement, Enfin, tu m’as comprise...

    Cassie arqua un sourcil et je sentis le rire monter dans sa gorge. Heureusement ma mère toujours aussi fleurette ouvrit la porte et salua les deux garçons en prétextant que “nous n’aurions pas le temps de tout voir si nous restions planté là”. En même temps trois maisons et une église, ça n’allait pas nous prendre trois plombes !

    En passant à côté du fameux Alex, celui-ci me souffla un “à bientôt” à l’oreille. Étrangement cette simple phrase eut pour effet comme une décharge électrique qui parcourut toute ma peau. Contrairement à ce que vous auriez pu penser, celle-ci ne fut pas très agréable. C’était un sentiment étrange qui me traversait, comme si mon esprit lui-même avait senti le danger. J’avais un mouvais pressentiment. Et alors que je restais planté sur le perron telle une véritable potiche incapable de réfléchir avec un million de mots dans le désordre dans sa tête, la porte de la demeure se referma dans mon dos, telle une vieille porte de prison.

    - Tu viens, Alice ?, hurla ma mère depuis la voiture.

    Je levai les yeux aux ciels et rejoignis à contre coeur ma mère et ma soeur. Le fait de quitter des yeux le manoir de l’oncle Sam me fit comme une sorte de délivrance dans le creux de mon ventre. Toute l’anxiété de la veille s’évanouit en même temps que le toit du bâtiment dans les hauts arbres. Le chemin jusqu’au centre du village fut plus long que je ne le pensais. Maman voulut s’arrêter toutes les deux minutes au bord de la route pour prendre des photos des marais. Au bout du troisième arrêt j’avais tout simplement envie de hurler que ça n’était que de l’eau verte et pâteuse. Mais j’imaginais sans mal qu’elle l’aurait mal pris. Alors je me suis tu. Enfin, après un quart d’heure de trajet - ce qui aurait du être cinq minutes - nous découvrîmes, moi et Cassie, le village de Folaincourt…

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    Merci !


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  • old

      Titre du livre : La malédiction d'Old Haven

      Auteur : Fabrice Colin

      Edition : Albin Michel

      Nombre de pages : 661

      Date de parution : 2007

      Résumé : Mary Wickford, jeune orpheline élevée par des bonnes soeurs dans un couvent, vient d'avoir 17 ans. Elle apprend qu'elle descend d'une longue lignée de sorcières en trouvant les carnets de l'une de ses ancêtres. Puis, tout s'accélère : dans son village, la Sainte Inquisition la traque. Amis, ennemis... Mary devra apprendre à dissocier les deux lors de sa fuite. S'engage alors une longue aventure remplie de magie et d'histoires du passé, alors qu'un fléau s'abat sur le pays. Seule Mary a le pouvoir de sauver l'Amérique de son empereur fou.

      Commentaire : Cela faisait longtemps que j'avais envie de me plonger dans un livre de ce genre, où l'histoire se passe dans une période de l'histoire (ici, dans les années 1700, avec l'Inquisition religieuse). Ce roman allie magie, mystère, aventures et même (un peu de) romance. J'ai tout de suite accroché, et j'avoue que j'ai lu les 450 premières pages d'une traite pratiquement, avec délices. Par contre la fin m'a laissée sur ma faim (sans mauvais jeu de mot :p) : l'histoire s'essouflait et je trouve que l'auteur a légèrement bâclé la fin de l'histoire. Les évènements "partaient un peu dans tous les sens", si on puit dire. Mais je vous conseille absoluement ce roman, bien qu'un peu long, il m'a fait passer un très bon moment et m'a donné envie de relire des livres de ce genre. L'histoire des sorcières de Salem, qui ont été brulées en Amérique à cette période, est un petit peu racontée ici et ça m'a donné envie d'en savoir plus. Une belle trouvaille ! cheeky


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  • la-face-cachee-de-margo-473411

      Titre du livre : La face cachée de Margo

      Auteur : John Green

      Edition : Gallimard

      Nombre de pages : 385

      Date de parution : 2009

      Résumé : Depuis tout petit, Quentin est amoureux de Margo Roth Spiegelman, sa mystérieuse voisine. Mais cette fille populaire ne lui adresse plus la parole depuis qu'ils ont retrouvé un corps tous les deux dans un parc, quelques années plus tôt. Quentin s'habitue peu à peu à l'éloignement de Margo, même si ses sentiments ne s'amenuisent pas. Un jour, en pleine nuit, elle s'introduit dans sa chambre et l'entraîne dans une folle aventure, le temps d'une soirée L'adrénaline de la nuit blanche s'étant dissipée, Quentin s'aperçoit que Margo ne se présente pas au lycée le lendemain - elle a vraisemblablement disparu. Il essaiera de décrypter les indices qu'elle a laissé pour lui... Mais plus il s'en approche, plus la vérité semble lui échapper. Margo veut-elle vraiment être retrouvée ?

      Commentaire : Enfinnn ! J'ai reçu ce livre à Noël et je l'ai enfin lu (j'en ai mis, du temps). Avant tout, impossible de passer à côté de l'auteur : John Green, ou celui qui arrive à nous faire plonger dans la peau de ses personnages, qui explore les sentiments humains (et notamment ceux des adolescents) avec profondeur et justesse. C'est l'un de mes auteurs préférés et, une fois encore, il ne m'a pas déçue. J'ai adoré lire ce roman, ce road-trip mystérieux où on se laisse hypnotiser par la fascination amoureuse et l'amitié qui lie les personnages. C'est un livre profond et léger à la fois, très drôle, très juste, ponctué de réflexions sur la vie, la mort, l'amour, les désillusions. Rien de "gnan-gnan", rien de superficiel, rien de lourd, c'est un livre qui fait aimer la vie, qui donne un sens à l'amitié et qui m'a donné envie de voyager. Une ode à la liberté, en quelque sorte. cheeky

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    "Il est si difficile de partir, jusqu'à ce qu'on parte. Ensuite, c'est le truc le plus fastoche du monde."

    "Les gens sont si nombreux. On oublie souvent que le monde est si plein de gens, plein à craquer"

    "Margo a toujours aimé les mystères. Et la suite des évènements m'a fait pensé qu'elle les aimait tellement qu'elle en est devenu un."

     

      


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  • Nous sommes le 14 février, c'est donc... la St Valentin. Le débat est connu, les avis partagés. Fêter ou pas la St Valentin ? Fête des amoureux ou fête purement commerciale ? Mais, que vous fêtiez ou non la St Valentin, que vous soyez ou non en couple, voici une sélection de livres d'amour indispensables. A lire sans modération, au chaud sous sa couette ou bien en compagnie de son amoureux(euse). 

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    Nos étoiles contraires - John Green

    Pourquoi le lire ? Lu et relu, vu et revu, eh bien on ne s'en lasse pas. L'histoire d'amour est belle, simple, très bien écrite, et profondément émouvante. Je ne connais personne qui est resté de marbre en lisant ce roman. Donc pourquoi pas vous ? 

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    Eleanor & Park - Rainbow Rowell

    Pourquoi le lire ? Parce qu'il s'agit d'une histoire d'amour à part, du jamais vu. Je ne l'ai jamais lu donc mon avis n'est peut-être pas objectif, mais cet article a achevé de me convaincre (ici !). Je vais le lire dès que possible, sans hésitation.

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    Paradise - Simone Elkeles

    Pourquoi le lire ? Parce que ce n'est pas un livre ultra connu (enfin si, mais bien moins que les deux précédents) et qu'il m'a fait vibrer tout du long. Il est loin d'être "gnan-gnan" "à l'eau de rose", en fait c'est tout à fait le contraire. C'est beau, c'est triste, c'est original, et j'aime ça.

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    Tes mots sur mes lèvres - Katja Millay

    Pourquoi le lire ? Parce qu'il est époustouflant. C'est l'un de mes préférés du genre. Ce n'est pas une histoire d'amour banale, en fait la romance commence tard ; c'est plutôt quelque chose de mystérieux, de pensif. 

     mots 

     

    Coeurs brisés, têtes coupées - Robyn Schneder

    Pourquoi le lire ? Parce que qu'il est drôle et émouvant à la fois. Et qu'il dit des choses vraies, des choses qu'on pense mais qu'on arrive pas forcément à exprimer. Parce qu'il nous ressemble.

     coeurs brisés 

     

    Voici ma petite sélection ! Evidemment, j'en ai passé beaucoup d'autres qui sont géniaux (je pèse mes mots), et parfois plus tourné vers la dystopie, le fantastique, etc. Et toi, quels sont tes livres d'amour préférés ?

    Bonne St Valentin à tous ! 

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  • J'ai écrit le deuxième passage de notre projet (pour lire le premier, ça se passe ici !) avec énormément de plaisir. Ca faisait assez longtemps que je n'avais rien écrit, puisqu'avant je prenais l'écriture très à coeur, mais avec le lycée, les devoirs, etc... ça devenait plus compliqué. Ce projet m'a permis de me recentrer sur l'écriture et, malgré que mon imagination soit rouillée au début, la machine est repartie très vite ! Donc j''espère que ce passage (un peu long) vous plaira. 

    N'oubliez pas de voter au sondage de Mademoiselle M (qui est disponible également sur son blog, ici) afin de continuer l'histoire. On compte sur vous !

    Mais sans plus attendre, voilà la suite que j'ai écrite: 

     

    La première chose que j’aperçus en ouvrant la porte, ce ne fut ni les toiles d’araignée qui s’étendaient sur les angles des murs jusqu’au plafond – Oncle Sam devait avoir un sérieux problème avec le ménage – ni le lit immense qui prenait la moitié de la pièce. Non, en fait mon regard fut directement attiré vers une peinture accrochée au mur, qui me faisait face. La toile était encadrée par un arceau doré et stylisé qui, à vue de nez, devait être extrêmement vieux – les dorures s’étiolaient à moitié. Une jeune fille était représentée dans un jardin, en hiver ; elle portait une robe longue, de celles qu’on ne voit que dans les films plutôt anciens. Ce qui me frappa, ce fut le contraste entre le noir de sa tenue et la blancheur diaphane de sa peau. Ses cheveux bruns étaient relevés en un chignon décoiffé.

           

    Tout était normal, me direz-vous. Pourtant non. Je ne puis m’empêcher de pousser un cri et de faire un pas en arrière. C’était moi. La peinture, le tableau, la fille. Le modèle peint était exactement ma propre représentation. Pas besoin d’être devin pour le reconnaître : cheveux sombres, nez en trompette, peau pâle, joues perpétuellement rouges, yeux dorés, silhouette frêle. On ne pouvait pas passer à côté.           

     

             Je ne comprenais plus rien. Pourquoi mon oncle avait-il une peinture de moi – dans une tenue datant de l’ancien temps – dans l’une de ses chambres ? C’était totalement absurde. Je n’avais pas vu Oncle Sam depuis plusieurs années, et la peinture me représentait exactement comme je l’étais aujourd’hui.

              Je jetai ma valise sur le lit et me mis à fouiller dans les tiroirs de la commode. Il me fallait une explication ! Je tombai sur plusieurs cadres recouverts de poussière. Dessus, des dessins en noir et blanc me représentant, assise sur un tabouret, un petit chien à mes pieds, ou bien en train d’esquisser une pirouette dans une grande salle. Je portais toujours une vieille robe très habillée – pas du tout adaptée à ma morphologie et à mon âge, soit-dit en passant – et un collier brillant. C’était moi, Alice, aucun doute là-dessus. Je reconnaîtrais mon regard entre mille.

              Je me précipitai hors de la chambre, mal à l’aise. Il fallait que je demande une explication à mon oncle. Je traversai le couloir sombre et frappai à la première porte que j’aperçus.

              -Entre, couina la voix de Cassie.

             Elle était en train de ranger sa valise, toute ébouriffée, le corps penché dans l’armoire. En m’apercevant, elle ajusta ses cheveux et sourit.

             -Alors, elle est chouette la maison, tu ne trouves pas ?

             Je grimaçai, encore troublée par les peintures et les dessins trouvés dans la chambre.

             -Il faut que je te montre quelque chose d’incroyable. Viens.

               -Je suis occupée, là, marmonna-t-elle avec un grand geste de la main. Je range mes affaires. Tu devrais faire de même ! 

            Ma sœur avait le don de m’énerver. En public et face aux parents, elle faisait toujours mine d’être parfaite, gentille, fine d’esprit. Mais lorsqu’elle était avec moi, elle passait son temps à me donner des ordres et à me cracher son mépris au visage.

             -Viens voir, s’il te plaît, insistai-je. Y’a quelque chose qui cloche

         Cassie poussa un soupir à s’en fendre le cœur, posa la robe qu’elle était en train de dépoussiérer, puis se leva.

            -J’espère pour toi que ça vaut le coup. J’ai pas que ça à faire, moi.

          Pauvre fille. J’essayai de contenir la rage qui grimpait en moi, esquissai un sourire forcé puis l’entraînai dans ma chambre. Je la plaçai face au tableau et la laissai voir par elle-même l’étrange coïncidence.

           Je vis Cassie froncer les sourcils puis, affichant un air dédaigneux, elle se tourna vers moi.

           -D’accord. C’est une peinture. Et alors ? Qu’est-ce que je suis censée te dire ?

            Je pointai du doigt le visage du modèle – mon visage !

            -Les cheveux, la peau, le corps. Tu ne reconnais pas ?

            Froncement de sourcils, réflexion intense. Puis le visage de ma sœur s’éclaira et elle laissa échapper un gloussement tout à faire désagréable.

            -J’y crois pas ! C’est TOI ! C’est toi, avec une robe ridicule, dans un jardin ridicule, avec une coiffure ridicule.

            Donc, je n’étais pas folle. Même Cassie, première de la classe puis le CP, véritable pointure dans son domaine, admettait que quelqu’un m’avait représentée sur ce tableau. Ça me rassurait, dans un certain sens, mais maintenant le mystère était entier. Et je comptais bien découvrir pourquoi mon visage se retrouvait copié à l’identique sur un tableau datant de plusieurs dizaines d’années.

          Ce soir-là, Oncle Sam organisa un repas pour réunir toute la famille. Maman et Cassie se mirent aux fourneaux pendant que je mettais la table, aidée de Willy. J’en profitai pour visiter toute la maison mais, mis à part les couches de poussière, les livres étranges et les chandeliers cassés, rien de bien extravagant. C’était juste une vieille maison dans une vieille ville, et voilà tout.

         Je comptais aborder le sujet des peintures le soir, à table. Ainsi j’aurais l’avis de tout le monde et le soutien de Cassie – enfin ça, ce n’était pas certain, étant donné le mépris qu’elle m’afficha pendant le début de la soirée. J’avais de plus en plus de mal à m’entendre avec elle, mais ça je n’y pouvais rien.

         Le repas fut joyeux, et chacun mit de sa bonne humeur pour réchauffer l’atmosphère. Maman et Oncle Sam racontèrent des souvenirs d’enfance ; Cassie, Willy et moi eûmes droit à un questionnaire poussé sur nos études, nos fréquentations (« Alors Alice, tu as un petit copain ? Je suis sûr que si. Comment il s’appelle ? Tu ne veux pas me dire ? »). Rien de bien méchant en somme, j’avais l’habitude. Comment expliquer simplement : j’étais en seconde, une élève très moyenne, banale, pas spécialement douée dans un domaine en particulier. J’avais une poignée d’amis sur lesquelles je pouvais compter mais, non, pas de petit copain. Je ne vais pas faire le coup « Non, je ne m’intéresse pas aux garçons, moi ». Pour être honnête, ce sont les garçons qui ne s’intéressent pas à moi. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne suis pas moche, loin de là. Mais je suis loin d’être une beauté comme Cassie – en fait, je suis extraordinairement banale. Je n’ai jamais rien eu d’exceptionnel.

         Oncle Sam paraissait vraiment heureux de nous retrouver. Il parlait fort, souriait sans cesse, faisait de grands gestes avec ses bras, et maman le couvait du regard. La soirée était vraiment parfaite. C’était la première fois depuis des mois entiers que je ne me disputais pas avec Willy, Cassie, ou même mes parents, à table. Ça faisait un bien fou !

         C’est à cet instant que je décidai d’éclaircir le « mystère » de la chambre 6. Je pris la parole sans cérémonie :

           -Au fait, qui est cette fille sur les peintures, dans ma chambre ?

         Bon d’accord, je vous l’accorde, je suis du genre direct. Il y avait d’autres moyens pour demander ça. Je n’avais pas vraiment réfléchi… Je regrettai aussitôt d’avoir posé la question lorsque je vis mon oncle devenir blême.

            -Quoi ? s’étouffa-t-il.

            Je répétai ma question, avec moins d’assurance cette fois.

            -Qu’est-ce que c’est que cette histoire, Alice ? demanda papa.

           J’entendis Cassie ricaner, sur ma gauche, et malgré moi je me mis à rougir. Heureusement Oncle Sam prit la parole, devant l’air interrogateur de mes parents :

            -Alice parle des tableaux accrochés dans sa chambre. Je… enfin, ça m’étais sorti de l’esprit.

             Il me regarda d’un air assez gêné.

           -Ce n’est pas toi, sur la peinture. Je pense que tu t’en doutes.

           Euh. Comment pourrais-je deviner ? Il était normal que je me pose des questions.

           -Il s’agit de Maria. Ma nièce. Tu es son portrait craché… Je… C’est une vieille histoire, je ne veux pas vous embêter avec ça.

           Il se leva avec son assiette.

         -Eh bien, il se fait tard ! Il est temps de débarrasser. Willy, tu voudrais bien me filer un coup de main ?

         Tout joyeux, mon petit frère bondit de sa chaise pour aller l’aider. Le brouhaha reprit. Moi, je n’étais pas satisfaite. Je n’avais pas eu les réponses à mes questions. Au contraire, tout était bien plus flou, maintenant.

        Je rattrapai Oncle Sam à la fin du repas. Il fuyait mon regard. Je sentais sa gêne à l’autre bout de la pièce.

         -Tu veux bien me parler de Maria ? osais-je d’une petite voix.

          Son regard se fit lointain.

         -Alice, il est tard… je suis fatigué. Maria a disparu lorsqu’elle avait ton âge, mais c’était il y a fort, fort longtemps. C’est une affaire compliquée. Une affaire d’adultes. Tu ne peux pas comprendre.

         Evidemment, j’étais bien trop stupide, trop jeune et trop naïve pour suivre une conversation. Ah, comme je détestais lorsque les adultes me prenaient de haut ! C’était insupportable.

          J’espérais bien que mon oncle se doute que je n’allais pas en rester là. Ce n’était pas mon genre. Tant que je n’apprendrais pas de renseignements sur cette Maria, difficile de m’éloigner de son chemin.                

          Tout le monde se mit au lit. On était tous épuisés par le voyage. Cassie me lança un clin d’œil avant d’aller dormir – brusque changement de comportement – comme si elle était ma complice ou quelque chose comme ça. Ça ne me plaisait pas du tout.

        Ma chambre était trop grande, trop angoissante. Je mis glissai sous la couette mais y ressortit quelques minutes après. Des bribes de voix se faisaient entendre dans le couloir. Sur la pointe des pieds, je marchai jusqu’à la porte et y collai mon oreille. Je retins au maximum ma respiration.

           -… pas qu’elle sache….

           -… tais-toi. C’est…. Oui… une vieille histoire. … lui as dit ?

           -… que non ! Tu me… qui ? J’ai essayé de… d’accord. Oui. Très bien. Bonne nuit, Sam.

            Mes poumons explosèrent dans ma poitrine. 


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