• Projet écriture 2015 : 9e passage

    Voici aujourd'hui le 9e passage du projet d'écriture organisé en collaboration avec Mademoiselle M du blog Mes petites escapades

    episode9
     
    Le principe reste le même : deux fois par mois, l'une d'entre nous écrit la suite d'une petite histoire que nous inventons au fur et à mesure. A vous de voter à la fin de chaque passage pour décider de la suite ! 

    Episode 1 - Episode 2 - Episode 3 - Episode 4 - Episode 5 - Episode 6 - Episode 7 - Episode 8

    Cette semaine, c'est Mademoiselle M qui a écrit le neuvième passage. Sans plus attendre, bonne lecture, et n'oubliez pas de voter à la fin de cet article !

      

    • Lorsque j’ai appris que nous devions passer nos deux semaines de vacances à Folaincourt j’ai fais des recherches. Tu me connais, Ali, tu sais que j’ai besoins de toujours tout anticiper, c’est dans ma nature, m’expliqua ma grande soeur alors que j’étais assise au bord de son lit d’hopital, mais j’avoue que je trouvais ces vacances étranges. Tu sais que papa passait son temps à nous casser les oreilles avec son rêve de voyager en Croatie ?! C’était l’opportunité. Alors pourquoi passer deux semaines à Folaincourt ?! Il n’a même pas essayer de contredire maman…

    • Où veux-tu en venir ? je l’arrête.

    Elle inspira, expira doucement et son regard se perdit. Pourtant elle reprit la parole.

    • Tu n’as pas remarqué comment maman est étrange depuis que nous sommes arrivées ?

    • Elle est heureuse.

    • Non, elle est nerveuse, répondit Cassie avec exaspération, tu ne vois donc rien Ali ? Il se passe des choses dans ce village. Je...je ne sais pas pourquoi mais j’ai un mauvais pressentiment. Je sais, tu dois me trouver folle, non ?

    Je tatais le drap blanc à la recherche de sa main.

    • Je croyais que je l’étais aussi, répondis-je.

    Son visage s’illumina soudain.

    • Tu as raison...et j’ai l’impression que Maria…

    • Tu veux parler de la nièce de Sam ? Celle qui te ressemble comme deux gouttes deux ?!, s’exclama Cassie en tentant de se redresser, mais cet effort ne fit que lui arracher une grimace.

    Je lui fis signe de baisser la voix.

    • Oui. Mais nous en reparlerons plus tard. J’ai d’abord besoins de savoir ce qu’il t’est arrivé. C’est très important Cassie.

    Son visage devint soudain plus pale.

    • Je ne sais ce qu’il m’est arrivé, Alice, tu dois me croire.

    • Pourquoi es-tu montée en haut de ce clocher ?

    Elle haussa les épaules. Elle commençait vraiment à m’agacer.

    • Tu voudrais me faire croire que tu ne sais rien, c’est ça ? Moi, je crois surtout que tu as peur et que tu ne veux rien me dire !, dis-je en haussant la voix.

    • Je n’ai pas peur.

    • Alors, parle-moi !

    • Ecoute Alice, je suis fatiguée alors je vais aller droit au but. Lorsque je suis sortie de ce bar l’autre jour, j’ai trouvé quelque chose dans ma poche. C’était un bout de papier froissé et….et...

    • Et ?, insistais-je.

    • Il y avait quelque chose d’inscrit dessus. Une adresse pour être plus précise.

    • Laisse-moi deviner. Le clocher.

    Elle hocha la tête.

    • Cassie, tu es censée être la plus intelligente de nous deux. Comment peux-tu faire quelque chose d’aussi stupide ?! Tu ne sais même pas qui a écris ce message, ni qui l’a mis dans ta poche. Et de toute évidence c’était un piège.

    • Je sais, Alice, et je regrette tellement.

    • Donc tu as vu qui t’as poussé ?

    • J’ai cru apercevoir...

    Je posai ma main sur la bouche de ma soeur et lui fi signe de se taire.

    • Qu’est-ce qui te prend ?!, demanda-t-elle étonné en se dégageant.

    • Je...je ne sais pas. J’ai eu comme un frisson. Un mauvais pressentiment.

    Je me levais sans bruit et observai la porte de la chambre de Cassie.

    • Alice, qu’est-ce que tu fais ?

    Je lui fis signe de se taire. J’approchai ma main de la poignée et l’ouvrit d’un coup. Un cri s’échappa de ma gorge. Là, bien droite, se tenait une grande femme en tenue d’infirmière, les cheveux coiffé en un chignon strict, la peau verdatre et les rides pendantes qui n’arrangeaient pas l’air sadique que lui offrait la teinte de ses yeux noirs charbons.

    • C’est l’heure de la piqûre, récita-t-elle en me fixant.

    Un plateau métallique dans la main, elle posa un pied dans la chambre.

    • Les visites ne sont plus permises, dit-elle d’une voix sèche à mon encontre.

    Encore tremblante, j’enfilai ma veste.

    • Je ferais bien d’y aller alors, dis-je à l’intention de Cassie en ne pouvant détacher mes yeux de la seringue entre les mains de cette monstrueuse infirmière, je reviendrais te voir Cassie.

    En sortant dans le couloir, je passais une main sur mon front brûlant. Pourquoi cette infirmière écoutait-elle à notre porte ? A ce moment précis, je me sentais tout, sauf en sécurité. Il fallait que je quitte cet endroit. Pourtant, je n’étais pas rassuré de savoir Cassie, ici, toute seule.

    Cette fois-ci, je ne pris pas l’ascenseur mais les escaliers. Arrivée, à l’accueil, je sortis mon portable de ma poche. Et tapais à la vitesse de l’éclair un message pour Oncle Sam.

    Vu Cassie. Suis fatiguée, viens me chercher.

    Le message aussitôt envoyé, je me laissai glisser le long d’un mur et m’asseyais sur le carrelage froid. C’est alors que je repensais à ma discussion avec Cassie. ça ne ressemblait pourtant pas à ma soeur d’être aussi imprudente. Pour faire passer le temps, je sorti le journal de Maria que j’étais retourné chercher avant me rendre à l'hôpital. Je me félicitais de l’avoir fait. Alors, je l’ouvris et tout en caressant la reliure abîmé du petit journal, je me replongeais dans les pensées de Maria.

     

    1 Mai 1985

    Je n’arrive plus à dormir. Père est de plus en plus violent. Sam ne tente même plus de l’arrêter. Et dans une semaine je fêterais mon anniversaire.

    Ma vie me glisse entre les doigts petit à petit, je ne contrôle plus rien. Ma vie est un assemblage d’évènements insensés et je ne sais plus quoi faire. J’ai tellement besoins d’aide. De leur aide. Eux, ceux qui me détestent et évite de partager le même trottoir que le mien. Ils ne comprennent pas. Je ne suis pas méchante. Je ne suis pas un monstre. Je suis juste un petit peu différente. Mais j’ai besoin d’aide…

     

    3 Mai 1985

    Romain est le seul en qui je peux avoir confiance. Il me comprend. Il ne me prend pas pour une folle. Je me souviens de notre première rencontre. Je jouais avec les chiens de chasse de mon père dans les Marais. Les chiens étaient complètement fou ce jour-là et ils s’amusaient à me sauter dessus. Ils n’étaient pas agressif, non pas le moins du monde, juste un petit peu trop joueur. Je ne sais pas comment il a fait mais alors que j’étais à deux doigts de trébucher dans une mare, j’ai senti sa main puissante me maintenir dans le dos. Et j’ai fait la connaissance de Romain, mon Romain...

    Fatiguée, je rangeais soigneusement le journal dans la poche de ma veste. Les minutes s’écoulaient lentement. Et soudain, alors que j’avais la tête posée sur mes genoux, je remarquai une paire de bottine noire s’arrêter devant moi. Je relevai la tête.

    • Alice ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, toute seule et à une heure pareil ?, s’exclama Caleb.

    Je me relevais en un temps record.

    • Salut Caleb. C’est ma soeur. Je suis venue la voir.

    • Oh. Oui, j’aurais du m’en douter.

    Tous deux gêné, je lui offris un petit sourire. Une cruche n’aurait pas fait mieux.

    • Hum. Ta soeur va bien ?

    • Heureusement oui, elle va vite se rétablir.

    • Elle a beaucoup de chance. Dis-lui de faire attention la prochaine fois.

    • Comment ça ?, dis-je en fronçant légèrement les sourcils.

    • Oh. Eh bien, fouiner un peu partout, répondit-il d’une voix calme en me fixant de ses yeux clairs, elle n’aurait pas du monter en haut du clocher voilà tout.  

    J’étais prête à rétorquer lorsqu’un homme en veston noir posa une main sur l’épaule de Caleb. Je perdis contenance en reconnaissant l’homme de l’ascenseur.

    • Alice, je te présente mon père, s’exclama le jeune homme un grand sourire au visage, papa, Alice, la nièce de Sam.

    L’homme leva ses yeux vers moi et ne fit paraitre aucune expression. Je ne savais même pas s’il m’avait reconnu.

    • Ravi de te rencontrer, Alice, dit-il en tendant sa main vers moi, que je serrais après quelques secondes d’hésitation, je me nomme Romain Delavidrière.

    A ce moment précis, je fis de mon possible pour ne pas m’évanouir tant mon coeur s’agitait dans ma poitrine. Romain, Romain, Romain...Ce nom résonnait en boucle dans mes oreilles. ça n’était qu’une coincidence. Il n’y avait pas qu’un seul Romain sur cette terre. Je me faisais des films. ça ne pouvait pas être LE Romain.

    • Nous sommes venus rendre visite à ma mère, m’expliqua Caleb, elle a fait une chute un jour, elle a dévalé deux étages dans un escalier. Elle est dans le coma depuis six mois…

    • C’est horrible. Je suis désolée, dis-je sincèrement.

    • N’embête pas cette jeune fille avec nos problèmes, dis Romain Delavidrière a son fils.

    • Il ne m’embête pas...Oh ! Voilà mon oncle, m’exclamais-je en apercevant la voiture de mon oncle se garer devant les portes automatiques de l'hôpital, A bientôt !

    Mais d’une poigne intense, Caleb me retient.

    • Il y a une petite fête organisé par l’un des gars du village, ça te dirait de venir ?

    • Oh. euh. Je ne connais personne.

    • Personne à part moi. Je te présenterais. Je passe te prendre à 19h.

    Je n’avais pas tellement le choix. Je lui souris, il avait gagné, lui et son sourire.

    • Je dois vraiment y aller.

    J’allais me mettre à courir pour rejoindre la voiture de Sam lorsque que je fus arrêter par la voix du père de Romain.

    • Vous avez fait tomber quelque chose, Alice.

    Je me retournais lentement, tâtant la poche de ma veste, de grosses gouttes de sueurs coulant le long de mon front me rendant compte de ce qu’il s’agissait. Dans mon dos, Romain Delavidrière tenait entre ses mains le journal de Maria. Il semblait hypnotisé par l’objet entre ses doigts, comme s’il avait vu un fantôme. Ou bien reconnut quelque chose...

    • Merci, soufflais-je sèchement en le lui arrachant des mains.

    Je me mis alors à courir pour mettre le plus de distance possible entre cet hôpital et moi. Dehors, l’air glacial s’écrasa contre mon visage et je courus jusqu’au pickup de Sam.

    • Comment ça c’est passé ?, me demanda Sam alors que j’accrochais ma ceinture.

    • Pas exactement comme prévu…, fut la seule chose que je réussis à lui répondre.


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