• Projet écriture 2015 : 5e passage

    Je ne vous rappelle pas le principe du projet, que vous connaissez bien maintenant ! Voici les liens pour retrouver les épisodes précédents, si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire ou tout simplement reprendre la saga depuis le début ! 

    Episode 1 - Episode 2 - Episode 3 - Episode 4

    episode
     
    Cette semaine, c'est Mademoiselle M qui a écrit le 5ème passage. Sans plus attendre, le voici...
     

    Il faisait terriblement sombre, la pierre était humide sous mes doigts, et malgré cette peur intense qui me tordait l’estomac, je grimpai les escaliers à la suite du mystérieux inconnu. C’était à peine si j’arrivai à respirer, l’air tentait tant bien que mal de se frayer un chemin jusqu’à mes poumons. C’était atrocement douloureux. Je pensais à Cassie, à ses beaux cheveux étendus sur le sol, son visage que j’imaginais déformé par le rictus d’un hurlement qu’elle n’avait pas eu le temps de poussé jusqu’au bout. Et je revoyais cette silhouette guetter la scène au loin, à l'abri dans l’ombre. Peut-être avait-elle vu le corps de ma soeur dégringoler de ce haut édifice ? J’avais besoin de réponse. Alors je poussai l’allure et me mis à courir.

    Qui êtes-vous ? criai-je la tête levé vers le haut, Je sais que vous êtes là !

    Pas de réponse. J’atteignis, aussi essoufflé que si j’avais fait le marathon de New York, ce qui semblait être le plus haut étage de la tour. Je passai une petite porte en bois en piteux état et découvris avec crainte une pièce digne des plus grands films d’horreurs. Pourtant je me ressaisis bien vite et regardai autour de moi. Une cloche en bronze, immense, trônait au milieu. Je m’approchai et passai une main timide sur sa surface. Lorsque je retirais ma main, une petite couche noirâtre resta sur ma peau. Dégoutté, j’essuyai celle-ci sur le bas de ma veste. Je m’éloignai de cette dame de bronze. Le reste du clocher n'étair pas mieux. Des trous dans le plancher, des toiles d'araignées dans tous les coins, de la moisissure sur les murs, des bibelots datant de nombreuses années à en voir les reliures abîmées, je découvris même un piano dans un coin recouvert d’un fin drap blanc et un journal datant d’une semaine posé sur une petite table. Rien qui ne m’étonnait plus que ça. Rien, sauf qu’il n’y avait personne. Aucune trace de l’inconnu. Il faisait bien trop sombre, pourtant j’étais presque certaine d’être seule. Je tendis l’oreille. Aucun bruit. J’avais peur. A ce moment précis, je me détestai d’être aussi idiote. Montée, seule, à la suite d’un inconnu dans le clocher d’une ville aussi glauque. Et puis soudain, derrière la grande cloche, j’aperçus l’immense ouverture d’où était tombée Cassie. Le coeur battant à tout rompre, je m’approchai. Sur le sol poussiéreux je remarquais des traces de pas. La personne portait des petits talons, j’en mettrais ma main au feu. Cassie était venue ici...seulement d’autre pas était mêlé au sien. La terrible réalité commença à s’imposer en moi. Je m’approchai du bord et me penchai doucement. Je tremblais d’effroi en imaginant le corps fin de Cassie basculer dans le vide. Sur la grande place c’était la folie. L’ambulance traversait la foule de personne jusqu’au corps toujours inerte de ma soeur. De là où j’étais, tout était plus petit. Pourtant je ressentais la détresse de ma mère que je reconnaissais grâce à son chapeau d’aventurière et devinait la main de Hector, le gérant du bar, posée sur son épaule. Ma place était au côté de ma mère et de ma soeur, je n’aurai jamais dû monté ici. Mais je restais tout de même quelques secondes à fin d’observer cette immense ouverture qui laissait le carillons de la cloche résonner dans tout Folaincourt, en me demandant comment Cassie avait bien pu tomber. C’était pourtant simple, elle n’avait pas pu tomber toute seule...

        Tandis que j’étais plongé dans mes réflexions, je ne sentis pas tout de suite la présence dans mon dos. Trop concentrée, je ne sentis pas ces yeux me jauger et ne vis pas son sourire pincé déformé son visage. Clac ! Je sautais sur mes pieds comme une furie et plongeai sur la poigné de la porte qui venait de se fermer. J’entendis, tetanisée, le lourd cliquetis de la serrure s’enclencher. Tout mon corps sembla se mettre sur pause. Je mis un moment à remettre mes esprit en place. Je n’avais donc pas rêvé, quelqu’un avait donc grimpé ces escaliers avant moi. Et cette même personne m’avait observé, tapise dans l’ombre. Un tremblement insupportable me traversa de la tête au pied. J’ettoufai, l’impression que chaque recoin du clocher pouvait se refermer sur moi à tout moment et me faire prisonnière à jamais m’envahissais. Alors je me mis à taper comme une folle contre le bois de la porte et hurlai de toutes mes forces.  

    • A l’aide ! Sortez moi de là ! Au secours ! Maman !

    Et puis soudain, la poignée de la porte se mis à tourner dans les deux sens. Instinctivement, je reculais. Des gouttes de sueurs froides coulèrent le long de mon front. Oh mon dieu, il s’était amusé à me faire peur, mais à présent l’agresseur de Cassie revenait finir son travail. Me tuer...Sans plus réfléchir, j’attrapais la première chose qui me venait sous la main. C’est donc armé d’une vieille canne et les jambes tremblantes que j’attendis de découvrir le visage de…

    • Alice ?! s’écria une voix en ouvrant la porte, tu vas bien ?

    • Ne m’approchez pas ! hurlai-je en brandissant la canne au-dessus de ma tête.

    Le garçon fit un pas dans la pièce, les mains levé vers le ciel et je reconnu aussitôt les cheveux blonds de Caleb. La canne glissa de mes mains et je lâchai un hoquet de surprise.

    • Mais qu’est-ce que tu fais ici ?, demandais-je en passant un main sur mon front baigné de sueur.

    • Je t’ai vu entrer dans le clocher. Comme tu avais l’air paniqué, j’ai préféré attendre que tu redescende. Je voulais m’assurer que tu ailles bien. Sauf que tu ne redescendais pas et les secours avait déjà embarqué ta soeur et ta mère. Alors je suis monté et t’ai entendu crier...

    Je croisais mes bras contre ma poitrine. Son histoire tenait bien debout, et j’avais envie de le croire. Seulement…

    • Ah, vraiment ? Mais comment as-tu fait pour ouvrir la porte alors puisque de toute évidence tu ne l’as pas enfoncé?, dis-je en jetant un oeil à la porte dans son dos.

    C’est alors qu’il sortit de sa poche un petit trousseau de clé.

    • J’ai la clé.

    D’après mon regard étonné, il crut important de m’en dire plus.

    • Dans ma famille, nous sommes sonneur de père en fils. C’est mon père qui fait sonner cette grande cloche que tu vois derrière toi. Lui et moi, sommes les deux seuls personnes à pouvoir la faire sonner. Il n’est pas là aujourd’hui, il m’a chargé de sa clé pour vérifier si tout allait bien en son absence, dit-il non sans fierté, Mais toi, qu’est-ce que tu es venue faire ici ?

    • J’ai...j’ai vu quelqu’un...et...enfin, je...je voulais avoir des réponses. Je suis montée et quelqu’un m’a enfermé…

    • Alice, je n’ai vu personne sortir du clocher et il n’y avait personne dans les escaliers.

    • Je ne suis pas folle ! Je ne me suis pas enfermée toute seule !, m’agaçais-je.

    • Il y aurait pu y avoir un coup de vent...mais dis-moi, comment as-tu fait pour entrer ?  

    • La porte était ouverte quand je suis arrivée, dis-je.

    Il se gratta la tête, l’air embêté.

    • Vraiment ? Aïe, si mon père l’apprend, il risque de se mettre en rogne...J’étais censé vérifier qu’elle soit toujours fermé.

    • Il le saura. Comme il saura que ma soeur a été poussé de cette fenêtre….

    • Attend ! Tu crois qu’elle a été poussé ?! Elle aurait pu tombé...c’est ce genre de chose qui arrive à ceux qui sont trop curieux…

    • Ma soeur n’est ni curieuse, ni assez stupide pour se pencher au point de tomber ! Quelqu’un l’a emmené ici, et la poussé.

    • Tu as l’air bien sur de toi, remarqua-t-il.

    Je ne répondis rien. J’étais persuadée qu’il se passait quelque chose d’anormal dans ce village. Trop de mystère. Et puis, il y avait beaucoup de chance pour que l’agresseur de ma soeur et la personne qui m’avait enfermé dans ce lugubre endroit soit la même personne. A l’avenir je serais plus vigilante.

    Je suivis Caleb dans les escaliers après qu’il eut vérifié à mainte reprises que la porte soit bien fermé. Dès que j’eus posé un pied dehors, je remarquais le vide de la grande place. Il n’y avait plu une seule personne. Je me tournai vers Caleb.

    • Où sont-ils tous passé ?

    • Ils sont probablement rentré chez eux, dit-il en haussant les épaules.

    • Il est à peine midi.

    Il ne répondit rien et se mit à chercher activement quelque chose dans sa poche. Puis enfin, il en sortit une clé de voiture.

    • J’ai proposé à ta mère de te ramener chez ton oncle dès que tu serais réapparu. Elle avait l’air tellement rassuré...ça ne te dérange pas j’espère ?

    Je secouais la tête. C’était bien la premier fois qu’un garçon qui proposait de me ramener.

    Il me fit signe de le suivre. Nous traversâmes la grande place en silence. Certains volets étaient fermés, le vent traversant les ruelles à une vitesse impressionante avait pour effet de sifflet dans nos oreilles une étrange mélodie désagréable. L’impression de perfection que dégageait la ville ce matin-même était partie en fumée et à présent elle ressemblait bien plus à une ville fantôme. Quelle étrange transformation...

    • Ta soeur va s’en sortir, tu sais ? dit Caleb brisant de cette manière ce lourd silence ponctué par la lourdeur du village vider de ses habitants.

    • A ton avis, il mesure combien ce haut clocher ?

    • Hum...je n’en sais rien. Peut-être vingt mètres ?

    • Tu crois vraiment que quelqu’un puisse résister à une chute de vingt mètres ou même plus ?

    Il ne répondit pas tout de suite. Puis soudain sans que je m’y attende, il attrapa mon bras et m’obligea à m’arrêter et à le regarder.

    • Je sais que c’est dur, Alice. Je sais ce que tu ressens. Car je l’ai déjà ressenti et je le ressens toujours. Ma mère a fait une mauvais chute à cheval un jour alors que j’avais treize ans. Depuis, elle est à l'hôpital et ne s’est pas réveillée. Mais elle sortira peut-être de son coma, un jour. Comme moi, tu dois garder espoir. Sans espoir nous ne sommes rien. Ta soeur s’en sortira, j’en suis persuadée.

    C’est à ce moment précis que je fondis en larme. Sans hésitation je posais ma tête sur son épaule et il passa une main dans mon dos. Depuis que nous êtions arrivé dans ce village plus rien n’allait, j’avais tout simplement l’impression que tout m’échappait. Et c’était très désagréable de ne plus être maître de son destin.

    • Viens, je vais te ramener chez toi, dit-il en passant une main sur mon visage, balayant les larmes qui y avaient coulé, allez, fait moi un sourire.

    Je reniflais un bon coup et fit de mon mieux pour lui offrir un beau sourire. Il sourit à son tour.

    • Je te préfère comme ça.

    J’aurai du comprendre que Caleb ne me remmènerais pas chez Sam en voiture. Quel âge avait-il ? Seize, dix-sept ans, pas plus. Je ne fus qu’à moitié surprise lorsqu’il s’arrêta devant un gros scooter rouge vif du genre “m’as-tu vu”. Il se retourna vers moi un petit sourire au lèvre.

    • Je sais, c’est un peu too much, non ?

    J’haussai les épaule avec une sérieuse envie de me moquer.

    • Mon oncle s’est amusé avec elle…, s’expliqua-t-il tout gêné.

    • Je vois ça.

    • Tu n’es jamais montée sur ce genre de petit bijou, n’est-ce pas ?, dit-il en me tendant un casque noir.

    • ça se voit tant que ça ?, demandais-je en grimpant derrière lui et enroulant mes bras autour de sa taille.

    Dans un bruit monstrueux, le scooter démarra.

    • Tu sais où habite mon oncle ?

    • Tout le monde sait où habite le vieux Sam.

    Je laissais les paysages défiler devant mes yeux, heureuse de quitter le centre du village et ce clocher. Ma tête posée contre le dos de Caleb, je repensais à Cassie. Pourquoi elle ? Elle n’avait pas mérité ça.

    Effectivement, Caleb semblait très bien connaître le chemin du manoir, il tourna même dans les chemins les plus difficile et en moins de cinq minutes, il me déposa devant la porte du manoir.

    • Je peux te poser une question ? demandais-je en posant mes pieds sur le sol.

    • Je t’écoute.

    • Pourquoi l’accès du “Bar de la joie” t’es interdit ? J’ai entendu Hector et…

    • Ah...eh bien imagine une série de bêtise dont je ne suis pas fière…

    • Je ne te demanderais pas quel genre de bétise…

    • Non, mieux vaut pas, dit-il en rigolant doucement.

    Je remarquai la camionnette de l’oncle Sam garée dans l’allée. Ils étaient rentrés de leur matinée pêche, probablement alertés par ma mère. Je devais y aller.

    • Merci pour tout, dis-je en lui tendant son casque.

    • Je t’en prie, me répondit-t-il avec un grand sourire qui laissait entrevoir de belles dents blanches, j’espère sincèrement que ta soeur se rétablira...Si tu repasse en ville, n'oublie pas de venir me voir, d’accord ?

    Je rougis jusqu’au oreille. J’aurai du avoir d’autre préoccupation pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de m’accrocher à son sourire.

    • D’accord, répondis-je doucement.

       Je restai observer la moto quitter la propriété avant de tourner les talons et monter les trois marches du perron. Mais encore une fois, quelque chose m’arrêta. Un pressentiment. Quelqu’un me guettait au loin. Ce sentiment d’insécurité qui me rongeait depuis le début de mes vacances ne semblait pas vouloir me quitter. Quelqu’un semblait ne pas voir d’un bon oeil l'arrivée de ma famille à Folaincourt, cela je commençais à le comprendre. En plus de ça ce village et ces habitants semblaient cacher quelque chose. Derrière tout ces grands sourires se dissimulaient un lourd secret. Y avait-il un rapport entre l’intru de ma chambre, Maria et l’accident de Cassie ? Je ne le savais pas encore. Alors bien malgré moi, je ferais tout pour découvrir ce qu’il se passait. La tête haute, je ne pris pas la peine de chercher le voyeur et pénétrai dans le manoir. 

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